Le progrès est le propre de l'homme. Le regard de Victor Hugo

1 octobre 2020

Le progrès est le propre de l'homme. Le regard de Victor Hugo

La sortie d'un livre, c'est toujours une fête doublée d'une grande et profonde émotion.
Aujourd'hui parait :
"Le progrès est le propre de l'homme
         Le regard de Victor Hugo"
de Pierre Jouvencel , questions de Fabien Dworczak
Editions edp Sciences
Un immense merci à Fabien et à toute l'équipe de edp Sciences.

Les journalistes et les spectateurs qui viennent voir mon spectacle « Victor Hugo Un géant dans un siècle » me demandent souvent : pourquoi Hugo ? Et la réponse s’impose pour moi comme une évidence. Parce que Hugo ! et non pas « Victor Hugo hélas » comme l’a exprimé avec regret et un brin de mépris un André Gide représentatif de l’intelligentsia française de ce début du vingtième siècle qui voulait en finir avec ce qu’on appelait alors les « vieilles barbes »

« L’Homme – siècle » par excellence, comme l’a décrit Michel Winnock dans son ouvrage « le Monde selon Victor Hugo » fut à la fois un artiste de génie, un acteur politique majeur de la vie politique française du dix-neuvième siècle mais aussi un penseur qui a éclairé son temps et dont les rayons gardent aujourd’hui encore une magnifique intensité.

« Tout dans le génie a sa raison d’être » écrit Hugo dans son William Shakespeare. Tout dans Hugo respire le génie pourrait-on ajouter. Que ce soit dans la poésie, le théâtre, le roman, les essais, la peinture, le mouvement des idées, l’évolution du monde, le progrès scientifique, il a marqué son temps en apposant sa griffe. Il n’y a guère que dans la musique qu’il s’est sans doute moins épanoui, encore qu’il ait écrit un livret d’opéra «  La Esmeralda » et qu’il garda toute sa vie, de sa rencontre avec Paganini, une immense admiration. Il fut en outre durablement l’ami de Liszt.

Comme tout génie, Hugo fut précurseur. Lui qui admirait les héros politiques et les génies intellectuels fut sans aucun doute, les deux à la fois et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui encore il nous parle, pour peu que l’on prenne le temps de l’écouter en sortant des sentiers battus.

Il fut précurseur au théâtre, et personne n’oublie ce 25 février 1830 où les grisâtres académiques durent supporter la nouvelle vague romantique venue soutenir bruyamment son héros dans les travées surchauffées du « Théâtre français » pour la première d’« Hernani ».

Il fut précurseur en poésie et même Baudelaire, qui ne fut pourtant pas toujours tendre avec lui, dut se rendre à l’évidence : » Quand on se figure ce qu’était la poésie française avant qu’il apparût…il est impossible de ne pas le considérer comme un de ces esprits rares et providentiels qui opèrent, dans l’ordre littéraire, le salut de tous ». Celui qui a « disloqué ce grand niais d’alexandrin » comme il l’écrira dans les « Contemplations » fut là aussi un chef de guerre et chacun, quels que soient les ressentiments qu’il peut entretenir à son égard, est bien forcé de reconnaître que si Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé ont apporté des frissons nouveaux, ils n’auraient sans Hugo, tout simplement pas existés. D’où la déférence de Verlaine à son égard, malgré son retentissant : « O sublime et doux roublard » et l’aveu de Valéry considérant qu’Hugo avait acquis par son travail inlassable « une manière singulière de penser que des critiques superficiels ont jugée comme ils pouvaient ».

Il fut aussi précurseur en tant que romancier, en s’engageant dès ses premiers romans, dans des œuvres où l’actualité politique et sociale, la misère ouvrière et le petit peuple étaient les héros. Contrairement à ses contemporains, Balzac entre autres, Hugo dépeint le peuple plutôt que la bourgeoisie. « Han d’Islande », « Notre Dame de Paris » ou bien sûr « les Misérables » en sont des exemples éclatants.

Dans le domaine des idées, il aura embrassé tous les courants politiques, mais servi les mêmes causes, expliquant que « l’opinion d’un homme peut changer honorablement, pourvu que sa conscience ne change pas. Progressif ou rétrograde, le mouvement est essentiellement vital, humain, social. »

C’est ainsi qu’il combattra toute sa vie pour l’abolition de la peine de mort quelle que soit la place occupée sur l’échiquier politique et qu’il s’élèvera plus généralement contre toutes les répressions, que ce soit en 1848 contre l’intervention sanguinaire de Cavaignac, en 1851 pour dénoncer avec vigueur et au péril de sa vie, le coup d’Etat de Louis- Napoléon Bonaparte ou en 1879 et 1880 pour réclamer l’amnistie complète des communards.

Ce combat pour les libertés individuelles et publiques est symbolique de sa volonté de fer lorsque la cause est juste.

« Car le péril croissant n’est pour l’âme autre chose

Qu’une raison de croître en courage, et la cause

S’embellit et le droit s’affermit, en souffrant,

Et l’on semble plus juste alors qu’on est plus grand. » L’Année terrible

Il combattra avec la même force et une foi inébranlable pour l’égalité à partir de 1849 et son fameux « Discours sur la Misère », mais aussi par ses discours et ses interventions pour l’instruction gratuite et obligatoire, pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Il écrira à ce sujet : « Il est douloureux de le dire, dans la civilisation actuelle, il y a une esclave…il y a un être, un être sacré qui nous a formés de sa chair, vivifiés de son sang, nourris de son lait, remplis de son cœur, illuminés de son âme, et cet être souffre, et cet être saigne, pleure, languit, tremble…. Avant peu, n’en doutons pas, justice sera rendue et justice sera faite. L’Homme à lui seul n’est pas l’Homme. ».

Il se fera enfin le chantre de la fraternité qu’il considère comme un principe absolu en lançant au Congrès de la paix, l’idée des Etats- Unis d’Europe ou en synthétisant sa conception des Droits de l’Homme le 17 juillet 1851, devant l’Assemblée législative « C’est après les siècles de l’esclavage, du servage, de la théocratie, de la féodalité, de l’inquisition, du despotisme sous tous les noms, du supplice humain sous toutes les formes, la proclamation auguste des Droits de l’Homme. »

Ce Républicain tardif finira Républicain déterminé car il aura compris les colères du peuple pour lesquelles il n’aura de cesse de réclamer les droits à la vie matérielle et intellectuelle.

Mais ce qui sous-tend, et tout particulièrement à partir de l’exil, la pensée hugolienne, c’est bien la foi dans l’idée de progrès. Il y voit l’enjeu majeur du dix-neuvième siècle : « Notre siècle s’appelle le siècle du progrès ». Et ce progrès est multiforme. Hugo croit au progrès qu’il soit scientifique et technique, mais aussi au progrès moral, individuel et collectif.

Dans William Shakespeare, les travailleurs de la mer ou les Misérables, le progrès est envisagé dans ses aspects techniques et pratiques mais aussi bien sûr, car Hugo sans cela ne serait pas Hugo, il ne peut y avoir de progrès matériel sans progrès social et moral et sans rapprochement avec l’art puisque « l’art constitue avec la science les deux roues du progrès ».

Hugo donne déjà à entendre « ce qui n’existe pas encore » et » ces Entretiens avec Victor Hugo » sont l’occasion par l’entremise du théâtre mais aussi grâce aux technologies du vingt-et-unième siècle de prolonger cette pensée dont les racines sont ancrées dans le dix- neuvième » mais qui ne demande qu’à prendre son envol. « Marcher, courir, voler, planer, c’est la loi universelle » écrit-il dans William Shakespeare.

Avec le recul que procure l’histoire, qu’en est-il aujourd’hui du « progrès hugolien » ?

Les superstitions, la lâcheté, la foi en Dieu et la foi en l’homme, l’art pour l’art et l’art engagé, les religions, les utopies, le progrès technologique et le progrès social, autant de questions que se posait Hugo en homme de son temps et auxquelles, je vais tenter, en rentrant dans son personnage, comme je le fais au théâtre, d’apporter des réponses pour les femmes et les hommes d’aujourd’hui.

Pour vous procurer cet ouvrage :

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Bonne lecture !

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